Curd Jürgens an seine Mutter Marie-Albertine ("Moussia"), Pfingsten, ca. 1947

Curd Jürgens an seine Mutter Marie-Albertine („Moussia“), Pfingsten, ca. 1947

Curd Jürgens an seine Mutter Marie-Albertine ("Moussia"), Pfingsten, ca. 1947

Curd Jürgens an seine Mutter Marie-Albertine („Moussia“), Pfingsten, ca. 1947

 

Lundi de Pente Côte

Ma chère petite maman, je te remercie mille fois pour ta gentille lettre. A l’instant, il y a une heure, je’arrive à Munich venant de Vienne où j’ai passé seulement le dimanche de Pentecôte, comme je tourne ici un petit film musical viennois, comme acteur; cela m’intéresse pas trôp, mais, comme à Vienne on ne tourne presque plus du tout, parce que l’argent manque en Autriche, je ne suis encore heureux de travailler ici en Allemagne. Quelque fois déjà je me promenais à Solln, Pullach et environs, et toutes les souvenirs de l’enfance revenait. Malheureusement on à change les noms des rues à Solln. La „Bessonière“ à aussi changé mais elle est encore très jolie.

Paris, ma petite motschilein, était formidable. On arrivait justement au beau printemps, l’air semblait de chanter plein de parfums. De gaieté, de luxe, de beauté. Les trois premiers jours je demeurait à l’h[ô]tel Lancaster, fameux petit hotel, à l’avenue Berry [= Rue de Berri] qui est aussi cher et aussi en vogue que le George V. Tous les gds. [= grands] vedettes demeurent là-bas. Mais, payant puisque 500 frs par jour pour la chambre, je le quittais bientôt et j’ai trouvé un petit hôtel tour près du rondpoint des Chps. Elisée [= Champs Elysées] à l’Avenue Matignon, l’Hôtel Matignon, où j’étais très bien. A coté de l’h[ô]tel se trouve les grandes maisons de couture, Jacques Hein, Marcel Rochas, etc., et vers les six heures on pouvait voir toutes ces belles mannequins sortent des magasins. C’était déjà ça quelque chose de formidable, – de les-voir seulement.

J’étais ds. [= dans] presque toutes les thé[â]tres. J’ai vu Banauet [?], Arletty, Michele Simon, Fernandel, Guitry, Brassent [?] Blanchard, etc. etc. Mais je trouve que les thé[â]tres ne sont

 

 

Curd Jürgens an seine Mutter Marie-Albertine ("Moussia"), Pfingsten, ca. 1947

Curd Jürgens an seine Mutter Marie-Albertine („Moussia“), Pfingsten, ca. 1947

pas si bon que les films. J’était un petit peu surpris que le thé[â]tres n’est pas mieux. Mais – j’ai vu Edith Piaff [ = Piaf] ! Ça alors, motschilein, c’est quelque chose. J’y suis allé deux fois tant elle m’a plu. Judith aussi était en larmes de joie et d’émotion !

C’est une femme musique !

Le film n’est pas devenu aussi beau que le scenario l’était, mais la chose essentielle était d’être à Paris! Très agréable c’est qu’on tourne de midi à 8 heures de celle façon le soir on peut faire la Danse. Et on l’a fait. On était dans toures les droites de nuit des cabarets etc. À Pâcques [= Pâques] on était à Trouville [= Trouville-sur-mer], le weekend suivant à Chartres, on a passé 6 heures dans la cathédrale, guidé par un bon ami de Judith, un sculpteur suisse, qui vit depuis vingt ans à Paris, et qui s’y connait Versailles, etc. etc. Pendant que je tournais Judith allait se ballader dans le Louvre, le petit musée, le Luxembourg, le Bois etc. Malheureusement elle ne pouvait rester que quinze jours, le temps passe si vite là-bas.

En venant j’ai pris le chemin par Strasbourg pour aller directement à Munique [= Munich] et Salzburg où commençait le nouveau film. Je reste ici jusqu’au 28. juin probablement, peut être encore un petit peu plus.

A Vienne tout marche assez-bien. La maisonnette est ravissante, le jardin d’une beauté typique pour Vienne et pour Grinzing.

Chère motschilein, je vais voire de t’envoyer quelque chose ____-moi les projets, j’ai un avec grand projet à faire. S’il se réalise je te jure que je penserais à toi maintenant.

Embrasse Jeannetteli, Herbert et leurs enfants, et milles baises da ton fils qui n’écrit pas mais qui pense toujours à toi.

 

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